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 Les arbres mères

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Mili
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Mili

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Les arbres mères Empty
MessageSujet: Les arbres mères   Les arbres mères EmptyMer 5 Fév 2020 - 15:03

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Image : Une femme dans une forêt
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Les arbres mères contre les changements climatiques
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Les arbres mères ont un grand pouvoir méconnu. Ces géantes protègent et nourrissent les plus petites pousses. Suzanne Simard, une spécialiste de ce phénomène, veut reboiser les forêts grâce à leur fonction régénératrice. C'est sur son terrain de jeu, où nous l'avons rencontrée, que se joue une partie de l'avenir des forêts canadiennes devant la crise climatique.
Par Anaïs Elboujdaïni
Publié le 23 janvier 2020


Il faut emprunter un chemin forestier pendant près d’une demi-heure avant d’arriver à une étendue ouverte sur le ciel d’où déferlent des trombes d’eau. Une coupe à blanc expérimentale s’étend sur 5 hectares.
Je saute hors de mon véhicule, et Suzanne Simard, de son camion. L’écho des portes claque contre le vent.
Rapidement, je rejoins la professeure du département de foresterie de l’Université de la Colombie-Britannique sur un de ses terrains de jeu : une des forêts de recherche du département, nichée dans la vallée du Fraser.
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Suzanne Simard dans la forêt de recherche Malcolm KnappPhoto : Radio-Canada / Camille Vernet
Suzanne Simard a le regard taquin et une énergie d’adolescente. Elle reconnaît toutes les essences d’arbres et peut évaluer leur état de santé d’un seul coup d’oeil. C’est aussi une des pionnières qui ont découvert la façon dont les arbres communiquent, grâce à un réseau de racines et de champignons qui se font la conversation et s’échangent de quoi se nourrir.
Ces jours-ci, son projet de recherche porte sur les arbres mères, ces arbres plus anciens de la forêt qui jouent les mères nourricières en s’assurant que les jeunes pousses reçoivent suffisamment de nutriments et de carbone.
La nouvelle frontière de sa recherche? Tirer des enseignements de ces arbres mères afin de mieux reboiser les forêts, de puissants noyaux pour capter et conserver le carbone et lutter contre les changements climatiques.
J’ai les pieds gelés, mais je ne voudrais être nulle part ailleurs en ce moment.
Bienvenue dans la forêt pluviale côtière du Canada.
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Image : Une femme dans une forêt nous montre de la terre
Photo: Suzanne Simard expose un réseau fongique dans la forêt de recherche Malcolm Knapp  Crédit: Radio-Canada / Camille Vernet

L'Internet des bois

L’enthousiasme de Suzanne Simard est inébranlable. Elle foule le sol, équipée de lourdes bottes, d’un manteau de pluie et d’une veste rouge munie d’un sifflet, d’une boussole et d’un calepin. La forêt, c’est son royaume, son élément.
La scientifique n’hésite pas à soulever la terre pour me montrer un réseau de champignons, fragiles et éclatés comme un enchevêtrement de veines.
Depuis une vingtaine d’années, la scientifique est sollicitée pour parler de l’Internet des bois, présent sous la surface du sol. Il s’agit du réseau mycorhizien, formé de filaments blancs appelés hyphes.
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Les racines des arbres sont liées entre elles par un champignon mycorhizien. Le réseau qu’elles forment sert à son tour à relayer de l’eau ou des nitrates d’un arbre à l’autre en échange de sucres dont raffolent les champignons.
Les champignons forment une sorte de nodule à l’extrémité de la racine de l’arbre ou de la plante à laquelle ils s’attachent, explique Suzanne Simard. Chaque espèce de champignons a une couleur différente : certaines espèces sont mauves, d’autres jaunes, d’autres blanches.
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Suzanne Simard expose un réseau fongique dans la forêt de recherche Malcolm Knapp.Photo : Radio-Canada / Camille Vernet
Elle n’est pas la première à avoir découvert ce réseau. Toutefois, c’est grâce à une expérience menée en 1997 qu’elle a été la première à démontrer que des sapins de Douglas et des bouleaux s’échangent du carbone par le réseau mycorhizien. La preuve qu’il fallait pour entamer une série de découvertes sur la communication complexe et fragile des plantes et des arbres.
Cette découverte, elle l’a présentée dans une [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], qui a été vue en ligne 4 millions de fois. Elle a ensuite été reprise dans l’ouvrage à succès allemand La vie secrète des arbres, de Peter Wohlleben.
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Pour mener ses recherches, Suzanne Simard doit déboiser une petite partie de la forêt.Photo : Radio-Canada / Camille Vernet

Déboiser pour connaître la force des arbres mères

La forêt Malcolm-Knapp, à Maple Ridge, en banlieue de Vancouver, est luxuriante, sauf là où nous nous arrêtons.
Dans ces bois où Suzanne Simard mène ses études, cinq phases de déboisement sont reproduites pour mieux comprendre ce qu’elle appelle les arbres mères : une coupe à blanc, une forêt déboisée à environ 90 %, une troisième à 60 %, une autre à 30 %, et, finalement, une forêt laissée intacte. Si elle veut pouvoir mener ses recherches, déboiser complètement une partie de la forêt est un mal nécessaire, selon elle.
L’objectif? Démontrer que les arbres plus gros et plus anciens – les fameux arbres mères – servent de vaisseaux protecteurs dans la forêt.
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La forêt de recherche Malcolm KnappPhoto : Radio-Canada / Camille Vernet
Les sapins de Douglas reconnaissent même les pousses de leur propre espèce et les favorisent en leur envoyant des nutriments, explique la chercheuse en me montrant une nouvelle pousse fraîchement sortie du sol, aux épines verdoyantes.
Suzanne Simard a en partie choisi de s’intéresser à cette essence parce qu’elle est lucrative dans le marché de la foresterie.
Cette forêt balayée par la pluie n’est d’ailleurs pas la seule qui sert de terreau aux expériences de Suzanne Simard. Il y a neuf forêts de recherche en tout dans la province.
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Carte des sites de recherche de Suzanne Simard et distribution actuelle des sapins de Douglas dans la province.Photo : XieHa
Citation :
Plus le climat est extrême - soit des journées plus chaudes et des soirées plus froides -, plus les arbres âgés deviennent cruciaux pour la survie des pousses.
Suzanne Simard
Les sapins de Douglas ont donc du mal à se régénérer si les arbres mères viennent à manquer.
Je veux te montrer la partie intacte de la forêt, lance la chercheuse.
Nous sautons dans nos véhicules respectifs pendant qu’il reste encore un peu de lumière.
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Image : Une femme dans une forêt
Photo: Suzanne Simard dans la Forêt de recherche Malcolm Knapp   Crédit: Radio-Canada / Camille Vernet

Le poids de la science sur les politiques

Quand Napoléon Simard quitte la France pour porter ses pas au Québec, puis en Colombie-Britannique, au début des années 1900, ce bûcheron était loin de se douter que, plus d’un siècle plus tard, une partie de sa famille allait toujours travailler en foresterie.
L’arrière-arrière-grand-père de Suzanne Simard serait-il fier de voir que le fruit n’est pas tombé loin de l’arbre?
Si elle ne travaille pas dans l’exploitation forestière, la chercheuse tente cependant de trouver des solutions pour mieux et moins exploiter les forêts.
Pendant la campagne électorale fédérale d’octobre 2019, divers partis ont promis de reboiser les forêts du pays à coup de milliards d’arbres. Pour le Parti libéral, resté au pouvoir, cette cible est encore de 2 milliards d’arbres sur 10 ans pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre.
Or, Suzanne Simard craint que ce ne soit l’arbre qui cache la forêt, car ne reboise pas qui veut.
Citation :
C’est important de reboiser, mais encore faut-il bien le faire. Nous devons choisir les bonnes espèces à planter et savoir quels génotypes seront plus aptes à s’adapter à des climats plus chauds.
Suzanne Simard
D’ailleurs, le Canada n’a pas ratifié le Défi de Bonn, une série d’engagements que 48 pays ont pris depuis 2011 pour replanter 350 millions d’hectares de forêt d’ici 2030.

Faire entendre sa voix

Son arbre généalogique aux racines profondes, Suzanne Simard l’a modifié en étant la première femme de sa famille élargie à étudier la foresterie. C’était difficile par moments d’être la seule femme dans le domaine, explique-t-elle. Et difficile aussi de convaincre le gouvernement provincial et les compagnies forestières de changer de façons de faire.
Or, ces derniers commencent à l’écouter. Certaines compagnies forestières appuient même son projet de recherche et tentent de mettre en pratique certaines de ses recommandations préliminaires, c’est-à-dire d’éviter les coupes à blanc et de conserver des grappes d’arbres plus anciens.
Une grande partie du carbone que les arbres emmagasinent sert à nourrir le réseau mycorhizien, dans une proportion allant jusqu’à de 20 %, selon certaines estimations, dit Suzanne Simard. Dans les endroits les plus secs de la planète, cette proportion atteint 80 %. Une forêt riche en biodiversité a donc un réseau mycorhizien plus complexe, qui va se nourrir de carbone. Plus il est vaste, plus il consomme de carbone, et ultimement, plus il le stockera sous terre.
Environ la moitié du carbone stocké par les forêts se trouve sous la terre. L’autre moitié est dans les feuilles, à la surface, précise Suzanne Simard.
Citation :
C’est pourquoi je veux qu’on change nos pratiques en foresterie. Les ingénieurs s’évertuent à inventer des solutions pour emmagasiner le carbone sous la terre avec des méthodes à la fine pointe de la technologie. Mais on coupe à blanc les forêts, qui sont l’invention la plus ingénieuse et hautement spécialisée pour stocker ce carbone.
Suzanne Simard
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Image : Une femme devant un arbre
Photo: Suzanne Simard dans la Forêt de recherche Malcolm Knapp  Crédit: Radio-Canada / Camille Vernet

Quand les arbres nous font la leçon

J’ai rencontré Suzanne Simard pour la première fois à Vancouver en septembre 2019.
L’air frais de l’automne qui rougit les feuilles s’accompagnait d’un goût salin, comme de coutume à l’Université de la Colombie-Britannique, dont le campus déroule ses multiples bâtiments sur une partie de la côte Pacifique.
Pendant la courte marche entre son bureau et un café, Suzanne Simard s’arrête plusieurs fois, interpellée par des étudiants.
C’est décidé, lance-t-elle, une tasse fumante à la main. J’annule le cours de mercredi pour que les jeunes puissent participer à la marche pour le climat. Elle parle de celle à laquelle l’adolescente suédoise Greta Thunberg prend part à Vancouver.
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Suzanne Simard manifeste pour le climat à VancouverPhoto : Radio-Canada / Alexandre Lamic
Quand je lui demande par la suite comment s’est déroulée la manifestation, Suzanne Simard, les deux mains dans la terre, croit fermement avoir pris une décision cruciale.
Citation :
Les étudiants ont senti que, grâce à leurs connaissances en foresterie, ils peuvent changer les choses. Ils ont aussi compris qu’ils peuvent prendre part au débat public et utiliser leur savoir à bon escient.
Suzanne Simard
Elle est là, son étincelle, le moteur qui la motive : quand elle parle de la prochaine génération, c’est à ce moment que sa recherche prend tout son sens. Mère de deux filles qui ont aussi suivi le chemin sinueux et boueux de la foresterie, la question des générations à venir prend aussi une importance personnelle.
L’histoire de filiation chez la scientifique ressemble à ces racines qu’elle étudie, une génération nourrissant la suivante.
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Suzanne Simard et sa fille devant le centre de recherche en foresterie de l'UBC. Étudier la forêt, c'est une histoire de famille chez les Simard. Photo : Radio-Canada / Camille Vernet
La société des arbres nous apprend aussi beaucoup sur nous, philosophe-t-elle. Elle nous apprend à avoir de bonnes relations avec notre famille, nos enfants, nos aînés et nos voisins.
Dans un élan qui me fait encore éclater de rire en y repensant, elle m’invite à plonger moi aussi mes mains dans le sol terreux. Et à en prendre une grande bouchée!
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Suzanne Simard expose un réseau fongique dans la forêt de recherche Malcolm KnappPhoto : Radio-Canada / Camille Vernet
C’est dangereux?, s’enquiert la citadine en moi.
Une pointe de malice dans les yeux, elle me lance : On ne peut réellement changer les choses que lorsqu’on les connaît intimement, et bien.
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Ont collaboré à ce projet : Camille Vernet (vidéaste), Marylène Têtu (réalisation), Mylène Briand (édimestre) et Corinne Kraschewski (révision).

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