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 Énantiodromie, la course en sens opposé...

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Mili
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MessageSujet: Énantiodromie, la course en sens opposé...   Énantiodromie, la course en sens opposé... EmptyLun 21 Oct 2019 - 15:05

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Énantiodromie, la course en sens opposé...

"Tout ce qui est excessif est dérisoire".
L’archétype est une sorte de disponibilité, de propension à reproduire toujours à nouveau les mêmes représentations mythiques, ou des images analogues. D’après cela il semble que ce qui s’inscrit et s’exprime dans l’inconscient, c’est exclusivement la représentation imaginative et subjective suscitée par le phénomène physique auquel elle correspond et fait écho. On pourrait donc admettre que les archétypes sont constitués par les empreintes, bien des fois imprimées, des réactions subjectives.
Rien ne nous empêche d’admettre que certains archétypes existent déjà chez les animaux, et que les archétypes, par conséquent, ont leur existence fondée dans les particularités même des systèmes vivants, qu’ils sont purement et simplement une expression de la vie, manifestation dont l’existence et la forme échappent à toutes les tentatives d’explication. Les archétypes, à ce qu’il semble, ne sont pas seulement le résultat des empreintes laissées par les expériences – types qui se renouvellent dans le cours de l’existence individuelle et de la vie de l’humanité ; mais en outre, ils se comportent, considérés dans une perspective empirique, comme des centres énergétiques, comme des forces ou des tendances qui poussent le sujet à renouveler ces mêmes expériences. Chaque fois, en effet, qu’un archétype surgit en rêve, en imagination, ou se manifeste dans la vie, il apporte avec lui et exerce une « influence », une force par la puissance de laquelle l’individu le ressent comme étant « numineux », fascinant ou incitant à l’action.
(…)
Si belle et si parfaite que l’homme puisse trouver sa raison, il peut être tout aussi sûr qu’elle ne constitue en tout cas qu’une des fonctions intellectuelles possibles et qu’elle ne cadre qu’avec l’aspect des phénomènes qui lui correspond. Mais tout autour d’elle et de toutes parts gît l’irrationnel, tout ce qui ne coïncide pas avec la raison. Or, cet irrationnel est également une fonction psychologique, à savoir l’inconscient collectif, alors que la raison est essentiellement liée à la conscience. Le conscient a besoin de raison, pour découvrir d’abord un ordre dans le chaos des cas individuels désordonnés qui peuplent l’univers et pour ensuite créer cet ordre, créer une coordination au moins dans les domaines humains. Nous avons une tendance louable et utile à exterminer, dans toute la mesure possible, en nous et hors de nous, le chaos de l’irrationnel. En apparence on a poussé fort loin cette façon de procéder.
Le vieil Héraclite, qui vraiment était un grand sage, a découvert la plus merveilleuse de toutes les lois psychologiques, à savoir la fonction régulatrice des contraires ; il l’a appelée énantiodromie, la course en sens opposé, ce par quoi il entendait que toute chose un jour se précipite dans son contraire. C’est ainsi que l’attitude rationnelle civilisée aboutit nécessairement à son contraire, c’est-à-dire à la dévastation irrationnelle de la civilisation.
(…)
L’énantiodromie, qui menace toujours quand un mouvement, de manière indiscutable, atteint au pouvoir, ne constitue pas une solution du problème, car elle est aussi aveugle dans sa tendance dissolvante que l’était précédemment l’organisation en cours d’élaboration.
La loi cruelle de l’énantiodromie n’épargnera que celui qui sait se distinguer, se différencier de l’inconscient ; et cela non pas par le refoulement, dont le seul résultat est que les choses refoulées s’emparent du sujet à son insu et comme par-derrière, mais en regardant l’inconscient bien en face, comme quelque chose de nettement distinct du moi.
Il faut que le patient apprenne à distinguer ce qu’est le moi et ce qu’est le non-moi, c’est-à-dire la psyché collective. Ce faisant, il dégage des matériaux avec lesquels il devra se confronter, voire se débattre, à partir de ce moment et pour longtemps. Ses énergies précédemment investies dans des formes peu utilisables, voire pathologiques, trouveront de ce fait leur domaine véritable. La distinction entre le moi et le non-moi psychologique présuppose que l’être soit fermement établi dans les fonctions de son moi, c’est-à-dire qu’il accomplisse son devoir à l’égard de la vie, afin d’être à tous les points de vue un membre valable de la société humaine. Tout ce qu’il néglige à cet égard tombe dans l’inconscient et fortifie la position de celui-ci, de sorte que l’homme court le risque d’être englouti par lui. Or cet engloutissement, s’il se produit, soumet l’être à de lourds châtiments.
C.G. Jung – Psychologie de l’inconscient .

psychanalyse jungienne


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