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 L'individualisation bien comprise

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Mili
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Mili

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MessageSujet: L'individualisation bien comprise   L'individualisation bien comprise EmptyMar 16 Juil 2019 - 15:25

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L'article ci-dessous amène des sujets de réflexions intéressants que l'on partage ou pas l'avis de l'auteur

L'individualisation bien comprise  Jean Guilbert

Je voudrais revenir sur les extraits proposés par Phalae Nopsis à partir du livre « Psychologie et Religion ». le « cri d’alarme » de Jung pour notre « prise de conscience » est quasiment un leitmotiv qui jalonne son œuvre d’avant la Première Guerre mondiale jusqu’à la fin des années 50. (et au-delà dans sa correspondance).
Quelques exemples : Dans « La guérison psychologique » : « A quoi assistons-nous ? Nous ne voyons pas se former une orientation spirituelle qui, enjambant les époques, par un développement psychique naturel, maintiendrait vivantes les valeurs de culture ; ce que nous voyons, c’est une orientation politique qui sert à assouvir la volonté de puissance de certains groupes sociaux en promettant aux masses certains avantages économiques. L’aspiration vers un ordre patriarcal et hiérarchisé au cœur même de l’Européen, trouve une expression concrète adéquate, ou relativement adéquate ; elle correspond que trop bien aux instincts des masses, mais par le fait même, se trouve enchaînée et fixée à un niveau qui est en tout état de cause dommageable à la civilisation ».
Dans « réponse à Job » : « Dorénavant, tout dépend de l’homme… la véritable question est de savoir si l’être humain est capable de se hisser à un niveau moral élevé, c’est-à-dire à un plan de conscience plus haut, pour se trouver au niveau de la puissance surhumaine que les anges déchus ont faite tomber entre ses mains (il s’agit de la bombe atomique). Mais il ne sait que faire de lui-même et il ne peut pas progresser tant qu’il n’est pas mieux averti de sa propre nature. De ce point de vue, règnent malheureusement une ignorance et une répulsion non moins considérable à agrandir et à approfondir le savoir relatif à sa propre nature ».
Ou encore ce qu’il écrivait à la fin des années 50 dans « Présent et Avenir » : « Ce qui rend notre situation périlleuse est l’omniprésence de minorités subversives qui brandissent des torches incendiaires et pendant ce temps jouissent encore de la protection que leur offre notre conscience du droit. Il ne faut pas sous-estimer le caractère dangereux de cette couche, car on ne doit pas accorder trop de crédits à la “sagesse” du citoyen moyen. Il y a dans cette dernière catégorie trop de malades mentaux et de criminels latents qui, tout en conservant encore une apparence de moralité, sont sapés par des tendances pathologiques et perverses. En cas de révolution, de tels individus apparaissent subitement à la surface et renforcent la position des auteurs de violences déclarés. Ils sont régis par des phantasmes de désirs infantiles, par des affects et des ressentiments personnels, et ils en infectent également le citoyen normal lorsqu’il n’est pas devenu auparavant conscient de sa propre ombre ».
Pour éviter toute confusion je ne suis pas un « spécialiste » de Jung, pas même un « jungien » admiratif, juste un lecteur dont les centres d’intérêt sont l’astrophysique et la physique quantique avec le constat qu’esprit et matière, finalement c’est une même chose, et partageant l’idée qu’il y a métaphysique dès que l’esprit, en quête d’unité totale, se décide à combler les lacunes qu’offre le tableau “scientifique” de l’univers, grâce à un “liant” tiré de son propre fonds, un “principe” (emprunté à son expérience interne ou externe), qu’il estime véritablement premier . Dans cette « définition », l’œuvre de Jung, me concernant, est d’une richesse incommensurable. Son application thérapeutique (qui est sa destination première) m’est totalement étrangère.
Sous ces réserves, le « citoyen conscient de sa propre ombre » selon Jung (extrait d’une conférence de 1932), donc en plein « dans » l’époque des citations ci-dessus (et après sa rupture avec Freud) se présente ainsi : « “Voyez-vous, l’ombre est pratiquement la même chose que l’inconscient personnel. Ces deux concepts sont plus ou moins identiques. Toutefois, il faut accepter le fait que l’inconscient personnel est une sorte de distorsion de l’ombre, parce qu’il est constitué de matériel psychique refoulé. Le concept freudien de l’inconscient se limite au seul inconscient personnel, dans la mesure où pour Freud, l’inconscient n’existe pratiquement que sur la base du refoulé. C’est en tout cas sa principale hypothèse de travail. Selon son idée, l’inconscient n’a d’existence qu’en tant que fonction du conscient. Il n’a pas de vertu propre, pas d’existence autonome. Freud suppose que si l’on modifie son attitude personnelle consciente, on n’aura plus d’inconscient. Il soutient même que si son interprétation du symbolisme névrotique était connue de tous, chaque névrosé serait guéri, car pour lui, le névrosé a une névrose uniquement parce qu’il ne sait pas de quoi il est question. Prenons, par exemple, un homme qui a un complexe d’inceste : selon Freud, dès l’instant que cet homme le comprend, il ne peut plus être névrosé. Mais c’est une fausse idée, car elle repose sur l’hypothèse selon laquelle la névrose est avant tout causée par les refoulements. Freud le prend comme une vérité absolue. Il est absolument convaincu qu’à partir du moment où le sujet connaît les contenus qu’il a refoulés, il va forcément aller mieux et guérir. Seulement, ce n’est pas vrai. Ainsi, son concept d’inconscient personnel, pour ma part, je l’appellerais l’ombre, et encore, ce n’est pas entièrement la même chose… Vouloir expliquer une différence aussi subtile, ça donne l’impression que je coupe les cheveux en quatre, mais il est très important de connaître ces subtilités pour des raisons pratiques : en effet l’ombre est une réalité à la fois normale et naturelle, tandis que l’inconscient freudien ou inconscient personnel n’est pas obligatoirement normal ou naturel. Jusqu’à un certain point, il est un fait culturel. Lorsqu’on demande aux gens ce qu’il y a dans leur ombre, ils vont probablement vous raconter ce qu’ils refoulent ; c’est-à-dire vous raconter l’opinion consciente qu’ils ont de ce qu’est leur ombre. Mais il faut savoir qu’une telle opinion ne coïncide pas nécessairement avec la réalité. Nous commettons habituellement l’erreur de supposer que l’ombre coïncide avec nos refoulements, et c’est en ces termes que nous l’expliquons. Cela peut être ainsi, mais ce n’est pas forcément le cas. Souvent, la vraie noirceur constatée chez les gens est bien différente : ils refoulent certaines choses qui n’ont peut-être rien à voir avec le mal ou la noirceur, et qui peuvent être une méprise, une illusion… Il faut donc faire la différence entre l’ombre et l’inconscient personnel. L’inconscient personnel coïncide d’une certaine manière avec l’ombre, mais il peut aussi être comme une fine pellicule d’illusion, comme un parti pris quant à la nature de l’ombre… Dans la sphère psychologique, un versant de nous est positif et constructif, tandis que l’autre versant ne se contente pas de rester inerte ; il est réellement destructeur, animé par une force destructrice, et ça, c’est bien une activité, aussi, ce n’est pas une brève interruption de l’activité du bien, c’est une volonté active de faire le mal. Ainsi, notre ombre est une entité qui existe en soi, d’autant plus diabolique en nous que nous avons de beaux élans positifs et de beaux désirs de construire, qui s’activent dans notre conscient. Je veux dire par là que plus on s’efforce désespérément d’être bon, merveilleux et parfait, plus l’ombre de son côté s’entête dans sa volonté d’être noire, diabolique et destructrice. Seulement les gens sont incapables de regarder cela en face. Ils passent leur temps à déployer tous les efforts possibles pour être des gens merveilleux, et c’est à ce moment-là qu’ils découvrent que des choses terriblement destructrices se produisent, et ils ne comprennent pas. Soit ils nient que ces choses aient un quelconque rapport avec eux, soit, s’ils les admettent, ils les qualifient de calamités naturelles, ou ils tentent de les minimiser et d’en reporter la responsabilité ailleurs. C’est la vérité, bien tangible : si l’on tente d’être dans la perfection au-delà de ses propres capacités, l’ombre est repoussée en enfer et elle y devient le diable. Car du point de vue de la vérité naturelle, c’est d’autant plus un pêché de se vouloir supérieur à soi qu’inférieur. Ce n’est certainement pas la volonté divine que l’homme peut devenir ce qu’il n’est pas, car regardez la nature et vous allez voir l’indiscutable volonté divine : que tout ce qui est soit vraiment ce qu’il doit être. Encore une fois je ressors ma métaphore habituelle ; il me vient à l’esprit, ce gentil tigre très bon, que l’on a dressé à ne manger que des pommes. Ce tigre-là n’est certainement pas le tigre qu’il a vocation d’être, il devient donc une perversion de la volonté créatrice”
De manière encore plus explicite “l’ombre” individuelle et collective est appréhendée, par exemple, en 1918 ou il écrivait : “Au fur et à mesure que la vision chrétienne du monde perd son autorité, on entend la ‘brute blonde’ se tourner et se retourner dans sa prison souterraine, prête à faire irruption à tout moment avec des conséquences dévastatrices (voir Aspect du drame contemporain). Encore, en 1929, traitant dans le ‘Commentaire sur le Mystère de la Fleur d’or’, de la projection extérieure des conflits inconscients et des dangers qui en résultent, il déclarait : ‘Les actions perturbatrices sont désormais attribuées à une mauvaise volonté située hors de nous qui, naturellement, ne peut se trouver nulle part ailleurs que chez le voisin ‘de l’autre côté de la rivière’. Cela conduit aux idées délirantes collectives, aux causes de guerre, aux révolutions, en un mot à des psychoses de masse destructrices’. Ou dans ‘Dialectique du moi et de l’inconscient’ : ‘Dans l’apparition collective d’un archétype réside un grand danger, celui qu’elle fasse jaillir un mouvement de masse. Celui-ci sera-t-il nécessairement voué à entraîner une catastrophe ? Elle ne pourra être conjurée que s’il existe une majorité d’individus sachant maîtriser l’archétype et contrôler son action – ou tout au moins un certain nombre d’êtres capables de le faire et d'exercer à temps leur influence’.
Les deux guerres mondiales, le moins que l’on puisse dire, lui ont donné raison.
D’un point de vue psychologique, cette ‘ombre’ d’où vient-elle ? Je suppose qu’il y a bien d’autres interprétations que celle que je donne. Dans les mythes de création de différents peuples, l’univers tire son origine des diverses parties d’une figure humaine géante : chez les Germains, ce géant est Ymir ; en Chine, c’est la figure primordiale de l’homme divin P’an Kou qui a créé l’univers ; dans les traditions de l’Inde antique, c’est Yama, qui devint plus tard dans les Upanishads ‘Purusha’…et ainsi de suite. L’aspect psychologique du thème est que l’entrée de ce ‘grand homme’ dans l’univers traduit un ‘phénomène de projection préconscient’ des plus primitifs. C’est l’état d’une ‘participation mystique’ absolue de l’homme archaïque, état que Jung désigne du nom ‘d’identité archaïque’. A ce stade il n’y a pas encore de conscience du moi, pas de distinction entre le sujet et l’objet, entre le moi et le Soi. C’est comme si l’inconscient contenait l’unité de l’individu virtuelle, totalement insaisissable, se divisant sur le plan phénoménal en vue de la constitution de l’individu, de sorte que le moi et les autres complexes du domaine psychique apparaîssent séparément, pour se rassembler à nouveau beaucoup plus tard et de façon progressive en une unité consciente. L’identité archaïque doit être dépassée au cours de l’évolution, en tant que, par ses aspects négatifs, elle est à l’origine de toutes les suggestions de masse et des contagions psychiques. Elle est également, inversement, la ‘condition archétypique d’une possibilité d’attitude sociale chez l’homme’. C’est là-dessus que se fonde toute relation mesurée, consciente, avec le prochain. Le symbole archétypique de ‘l’homme gigantesque’ ou ‘anthropos’ incarne donc aussi dans l’individu la possibilité innée, préconsciente, de se relier au prochain et à l’humanité en général.
Concernant la structure ‘quaternaire d’un contenu inconscient » il vient du fait que ‘l’homme primordial’ présente souvent une relation remarquable avec le nombre quatre : le Purusha donne naissance aux quatre castes ; P’an Kou aux quatre montagnes du monde et à leur centre. Adam a été formé de la poussière prise aux quatre ou huit coins du monde ; l’antiquité tardive et l’alchimie ont élaboré de vastes spéculations sur les quatre lettres du nom Adam… Suivant Jung, cette structure quaternaire d’un contenu inconscient se rapporte à la possibilité de sa prise de conscience. C’est le fondement archétypique des quatre fonctions d’orientation de notre conscience : la pensée, le sentiment, la sensation et l’intuition. La structure quaternaire de l’homme primordial signifierait que l’image de l’anthropos contient la possibilité d’un passage à la connaissance plus complet de l’humanité, un dynamisme interne poussant vers l’élargissement de la conscience… Ce qui est important c’est que l’idée y prévaut d’une évolution tendant à l’accession à la conscience de l’humanité tout entière. Reste que l’archétype (anthropos) est constellé dans l’inconscient collectif d’une manière si intense que, s’il n’est pas reconnu, il se révèle dans les états de possession et les projections les plus funestes (Le national-socialisme était une sorte d’élan inconscient et par suite destructeur). Ce ‘soi’ (destructeur) vu comme entièrement identique à la norme collective, s’il ne devient pas conscient en nous sur le plan individuel, des projections archaïques du mythe se produisent alors sans cesse sur le monde extérieur, ce qui ne peut que conduire à la guerre. Inversement, l’anthropos étant aussi une ‘condition archétypique d’une possibilité d’attitude sociale chez l’homme’, alors la possibilité que l’individuation, rendant consciente la « totalité humaine » dans un plus grand nombre d’individus, aille sans cesse en s’élargissant n’est pas de la virtualité, mais aussi une ‘réalité’. L’individu se présente toujours comme une pluralité chaotique de composantes héréditaires, une particule de masse qui ne s’unifie que par le passage à la conscience. Cela se produit en partie grâce à l’effort du moi, mais on assiste en outre à une action du centre inconscient du Soi, qui rend cette œuvre possible. Cette évolution, si on l’entend comme thème archétypique, il devient clair qu’un accroissement du passage à la conscience de l’humanité consistera d’abord dans l’augmentation du nombre de ceux qui se consacrent à leur propre individuation, car ce processus ne peut avoir lieu ailleurs que chez l’être actuellement porteur de vie, chez l’individu.
La conséquence est clairement précisée par Jung dans le livre ‘la guérison psychologique’ : ‘Le processus naturel d’individuation apporte avec lui une conscience de ce qu’est la communauté humaine, car il aide à prendre connaissance de cet inconscient commun à tous les hommes et qui, en tant que tel, les relie tous. L’individuation détermine une unification avec soi-même et partant aussi avec l’humanité dont chacun porte une parcelle. Dès que l’individu y sera parvenu, on aura l’assurance que l’amoncèlement organisé des individus au sein de l’Etat, même si cet Etat est dôté d’une autorité accrue, ne déterminera plus la formation de masse anonyme, mais correspondra à la formation d’une communauté consciente d’elle-même. Mais une condition préalable indispensable demeure dans le choix libre et conscient, et la décision individuelle de chacun. Sans cette liberté et cette autonomie de l’individu, il ne saurait exister de communauté réelle et vivante – et il nous faut ajouter que l’individu, serait-il autonome et solide en lui-même, ne saurait prospérer en dehors d’une communauté de cette sorte ; sans compter que c’est la personnalité autonome qui est le meilleur serviteur du bien collectif’.
Et concernant les ‘thérapeutes’ : ‘l’attitude indubitablement la plus dangereuse serait de nous imaginer que nous avons atteint un niveau de conscience plus élevé que celui de notre entourage. Sans vouloir exagérer le rôle et l’importance de la poignée de psychologues et de psychothérapeutes que nous sommes, il nous faut pourtant souligner que nous avons, en tant que psychologues, au premier chef, la tâche et le devoir de comprendre la situation psychique dans l’actuel et de discerner, dans cette compréhension, les tâches et les devoirs que l’époque contemporaine exige de nous’.
Que ce rôle soit tenu par des ‘thérapeutes’, personnellement, cela me laisse dubitatif, ils sont un relai possible, comme tant d’autres, sans plus. Ce qui m’interpelle surtout est dans la suite : ‘Je considère que le but le plus noble de la psychothérapie à l’époque contemporaine est de travailler sans relâche au développement de l’individu. De la sorte, notre effort est identique à celui de la nature qui vise à développer en chaque être la plus grande plénitude possible’. Jung considère que seule l’individuation permettra de ‘sauver le monde’ des catastrophes à venir, donc cette phrase est en parfaite cohérence, mais elle le serait davantage si pour ‘développer et mûrir la personnalité individuelle’ l’action de la psychothérapie était ‘gratuite’. Ce n’est certainement pas le cas, et au moins Jung et Freud sont totalement d’accord sur un point : « la thérapie doit être payante», ce qui, à priori est antinomique avec le but sociétal à atteindre. Seulement, nous sommes dans une société marchande (avec peu de bisounours) et la ‘prestation du thérapeute’, quand bien même elle serait la plus à même à ‘développer et à mûrir la personnalité individuelle’ reste un acte ‘marchand’.
Pour ‘développer et mûrir la personnalité individuelle’, surtout à l’échelon collectif, l’éducation me semble plus appropriée pour de multiples raisons, dont une on ne peut plus simple : elle est gratuite (du moins majoritairement).
Je suis convaincu par Jung de la nécessité de l’individuation, mais également par le philosophe ; par les ‘acteurs sociaux’… qui montrent dans les faits journaliers que l’être humain possède également le pouvoir de s’arracher par sa liberté (également constitutive de son ombre) aux déterminations naturelles (destructrices de l’ombre), ne serait-ce que par l’amour et ses relations. Si dans la vie courante la très grande majorité ne se pose même pas la question « d’individuation » confrontée à des « réalités » plus terre- à- terre, il n’empêche que par une autre voie (sociétale), par leur action dans leur environnement, une partie significative de cette majorité (ignorante de l’individuation jungienne) engage néanmoins l’avenir dans une voie plus conviviale. Un simple exemple que l’on peut multiplier à l’envi dans tous les domaines : l’implication de plus en plus de jeunes pour le climat.
C’est aussi un problème crucial de l’éducation (ou bien un des termes du parcours de l’imagination active pour rester dans l’œuvre de Jung) que de ‘comprendre’ le comment s’émanciper des situations originaires (égoïstes ou diaboliques) pour entrer en relation avec les autres, en d’autres termes : comment user de sa liberté pour que, loin de nous séparer du monde commun des hommes, elle nous mette en relation (conviviale) avec autrui, ce qui est aussi le sens de nos vies.
Et nous y parviendrons d’autant plus si nous gardons en mémoire les phrases de Jung du début de cette note… qui n’a aucune prétention, sinon la curiosité !
Pour conclure, Je reprendrai à mon compte un passage de Jung (optimiste) dans le livre « la guérison psychologique », mais sans l’appliquer « uniquement » aux thérapeutes comme il le faisait, mais à l’ensemble des personnes qui « individuées » ou pas sont naturellement dans l’altérité… et elles sont nombreuses.
« Même si notre voix est trop faible pour être entendue dans le tintamarre de l’agitation politique et si elle s’épuise sans efficacité, nous pouvons et devons nous consoler avec cette sentence d’un maître chinois : « Même si celui qui a fait la lumière en lui est seul, s’il pense ce qui est juste et vrai, il sera entendu à mille lieues. » Tout ce qui commence, commence toujours en petit ; c’est pourquoi il ne faut point nous laisser rebuter par le travail pénible, mais consciencieux que nous effectuons sur l’individu – travail en apparence sans résultats à l’échelle sociale -, même si le but auquel nous tendons semble perdu dans un lointain inaccessible. Car un but demeure tout de même à notre portée : c’est de viser à développer et à mûrir la personnalité individuelle. Dans la mesure où nous sommes convaincus que l’individu est le vecteur de la vie, nous servons le sens de l’existence si nous parvenons à ce qu’un arbre au moins porte des fruits, même si mille autres arbres autour de lui doivent rester stériles. Quiconque se proposerait de faire progresser tout ce qui peut pousser constaterait rapidement que les mauvaises herbes, qui poussent toujours plus vite, envahissent le champ d'action. C’est pourquoi je considère que le but le plus noble de la psychothérapie à l’époque contemporaine est de travailler sans relâche au développement de l’individu. De la sorte, notre effort est identique à celui de la nature qui vise à développer en chaque être la plus grande plénitude de vie possible de vie. Car la vie ne peut accomplir son sens que dans le cœur de l’être individuel et non dans celui de l’oiseau enfermé, serait-ce dans une cage dorée. »
Ce texte s’applique quasiment à la lettre à tous ces gens admirables (et ils sont nombreux) que l’on voit impliquer (gratuitement) dans la vie réelle de tous les milieux sociétaux.

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