Hommage à Léonad CohenCet homme avec la lumière qui brille dans ses yeux, sa voix, son parcours, m'a donné envie de lui rendre hommage.
Alors voici quelques articles trouvés sur le net
Leonard Cohen, jusqu'au bout de l'amour Au petit trot. Hop! Hop! C'est guilleret que Leonard Cohen s'est amené sur la scène de Wilfrid-Pelletier hier, au premier de ses trois soirs à guichets fermés dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal. Comme pour signifier: hé hé, pas encore grabataire, le septuagénaire (mis en ligne aujourd'hui à 10h40).
Trois heures plus tard, de fait, on y était encore, et Leonard Cohen trottinait, trottinait, de rappel en rappel. Il était content, nous étions heureux, le temps n'avait plus de prise sur les corps, septième ciel atteint. Citant «the old baladeer», il nous quitta sur ses mots: «Il y a longtemps que je t'aime / Jamais je ne t'oublierai...»
Oublier? Nous nous souviendrons de tout. Et forcément de ce chapeau mou qu'il enlevait à chaque solo de l'un ou l'autre de ses extraordinaires musiciens, ou alors à chaque fois que ses trois choristes, Sharon Robinson et les Webb Sisters, répondaient en harmonie à ses suppliques. À chaque fois, aussi, que nous l'applaudissions, ou l'ovationnions (combien d'ovations, douze, quinze?), il posait son chapeau sur son coeur, humblement. Élégamment humble. (Trop humble, même: une, à la limite deux présentations des musiciens auraient suffi pour que nous comprenions que Leonard les admire humblement. La vingtième fois, ça confinait à l'obsession. Détail.)
Tel un prêtre son cierge
Nous nous souviendrons de la façon dont il tenait son micro, le plus souvent à deux mains, tel un prêtre son cierge. Nous nous souviendrons de cette manière qu'il avait de se recroqueviller sur lui-même, s'étreignant comme s'il y avait quelqu'un entre ses bras et son corps. Nous le reverrons s'abaissant, ses genoux s'entrechoquant, aussi bas que sa note la plus basse, et ses notes étaient hier les plus basses du monde: on aurait dit que tout son être allait chercher au ras du plancher ses notes les plus crépusculaires. Parfois, il s'agenouillait: le solo de mandoline, comprenait-on, était trop beau pour ne pas remercier Dieu à genoux.
Nous nous souviendrons qu'il nous a d'abord parlé en français, allant jusqu'à s'excuser pour les places à 250 $: «J'espère, malgré les prix gonflés, que vous ne serez pas déçus ce soir... ». En mémoire, indélébiles, resteront pareillement les premiers vers des premières chansons du spectacle, également données en français dans le texte: «Fais-moi danser jusqu'au bout de l'amour...» L'invitation était trop belle, nous avons dit oui: il a donc dansé, sans faire le danseur, se contentant d'être le «white man dancing» décrit dans The Future.
Nous nous souviendrons que nous l'entendions merveilleusement bien chanter, que sa voix et celles des choristes étaient à l'avant, l'orchestre pas trop fort autour, et la batterie encore moins fort, pour ne pas dire feutrée, derrière. L'inverse de mille millions de shows qui ne sont pas des caresses, et il faisait bon se laisser caresser l'oreille, pour changer.
Et ces chansons
Nous nous souviendrons de chaque chanson, évidemment, comme si elle n'appartenait qu'à nous. Qu'importe si Leonard et les siens les jouaient hier passablement dans le même ordre que partout ailleurs, à une ou deux permutations près. Suzanne et Marianne (la Marianne de So Long, Marianne) étaient notre Suzanne, notre Marianne. I'm Your Man la chanson-thème de notre homme, Hallelujah notre prière, Boogie Street notre rue. C'était à nous qu'il lançait Hey, That's No Way To Say Goodbye, nous qu'il ne pouvait quitter tout au long d'I Tried To Leave You. À Montréal, personnellement.
Impossible d'effacer, de gratter de nos murs ce Famous Blue Raincoat bleu, bleu, si bluesément bleu. Impossible de ne pas laisser résonner les mots de Federico Garcia Lorca, une fois prononcés par Cohen: «Take this waltz... » Impossible de ne pas entendre encore et pour toujours, célestes, les voix conjuguées des Webb Sisters dans If It Be Your Will. Il faut dire que nous étions attentifs: avons-nous déjà été plus attentifs? Ce spectacle méritait toutes les attentions: c'est sans doute le dernier de Cohen, et nous en savourions chaque instant. Et notre attention était récompensée: Cohen a-t-il jamais mieux chanté? A-t-il jamais été mieux accompagné? A-t-il offert spectacle plus profondément satisfaisant? J'ai écouté tous ses enregistrements officiels de spectacles ces jours derniers: aucun n'était plus mémorable. Et aucun, mais alors là aucun, ne s'achevait sur Leonard citant À la claire fontaine. Tous en choeur: «Il y a longtemps que nous l'aimons, jamais nous ne l'oublierons... »-
http://www.ledevoir.com/culture/musique/195235/leonard-cohen-jusqu-au-bout-de-l-amour
L'oeuvre et la vieD'une personnalité complexe, enclin à la dépression et à une profonde mélancolie qui stimule — et habite — son oeuvre, Leonard Cohen a toute sa vie mis son talent et ses énergies au service d'un art multiple, ce qu'il continue de faire à 73 ans.
Il naît à Montréal en septembre 1934, d'une famille de la bourgeoisie juive qui mène des affaires prospères dans la confection de costumes. La mort de son père, lorsqu'il avait neuf ans, conduit Cohen à l'écriture de son premier poème, qu'il enfouit dans un noeud papillon et enterre dans le jardin familial.
Il entame des études en lettres à l'université McGill en 1951, où il se signale rapidement et est récompensé de quelques prix pour ses poèmes. Cohen se fait aussi remarquer pour ses talents d'orateur. Il gratte la guitare dans un groupe country, pratique l'hypnotisme, court les filles (sa réputation de ladies' man est parfaitement justifiée, comprend-on à la lecture de la biographie écrite par Ira Nadel): ce n'est pas l'étudiant le plus assidu.
Les grands thèmes de son oeuvre sont rapidement installés: la métaphysique, l'amour, la sensualité, la sexualité, la religion, la mélancolie. Il publie en 1956 un premier recueil de poésie, Let Us Compare Mythologies. Sa réputation s'établit dans les cercles littéraires.
Après un séjour à New York près des beatniks, Cohen commence à faire des récitals professionnels où il lit sa poésie sur fond de jazz. Il se produit notamment dans une salle au deuxième étage du restaurant Dunn's.
En 1960, il s'achète une petite maison à Hydra, en Grèce, qu'il conserve encore à ce jour. C'est là qu'il rencontre la Marianne de la chanson. Vivant grâce à des bourses, la pension de son père et les revenus de son deuxième recueil (The Spice-Box of Earth, 1961), Cohen revient fréquemment à Montréal. Il séjourne aussi à Cuba, en pleine crise du débarquement de la baie des Cochons.
En 1963, il rencontre Suzanne Verdal, la femme du sculpteur Armand Vaillancourt, pour qui il écrira son grand classique. Deux ans plus tard, l'ONF lui consacre un documentaire qui le présente comme le jeune poète le plus talentueux du Canada.
Après un roman et cinq recueils, Cohen se rend compte en 1966 qu'il ne pourra pas gagner convenablement sa vie avec la poésie. Il décide donc qu'il fera de la chanson et part à New York. Il séjourne à l'hôtel Chelsea, où il côtoie plusieurs grands du mouvement folk. Judy Collins enregistre, la première, des chansons du Montréalais: elle fera de Suzanne un succès.
La maison Columbia fait signer au même moment un contrat de disque à Leonard Cohen. Rempli de chansons qui deviennent rapidement des classiques, ce premier album connaît un bon succès et place d'emblée Cohen parmi les folksingers importants des années 60. Sa carrière de chanteur est lancée.
À la même époque, Cohen commet une erreur qu'il regrettera longtemps: par inexpérience et naïveté, il cède les droits de trois de ses meilleures chansons à un partenaire escroc qui ne les revendra à Cohen qu'en 1987.
En 1968 et 1969, Cohen sort un deuxième album (Songs from a Room) qui confirme sa réputation de «prince du pessimisme». Il refuse aussi à ce moment le Prix du Gouverneur général qu'on voulait lui décerner pour son recueil Selected Poems, 1956-1968. Il rencontre cette même année Suzanne Elrod, avec il vivra plusieurs années une relation difficile. Deux enfants naîtront, en 1972 et en 1974.
Cohen commence à se produire sur scène au début des années 70, en Europe. Il est notamment du Festival de l'île de Wight, où il joue après Jimi Hendrix. Son troisième disque, Songs of Love and Hate (1971), est l'un de ses plus sombres, le désespoir s'y faisant omniprésent. Des rumeurs de retraite circulent d'ailleurs en 1973, tant l'artiste semble déprimé.
Son humour reste toutefois constant: à un reporter qui lui demande en 1974 pourquoi il est si populaire en Europe, Cohen répond que c'est «peut-être parce qu'ils ne comprennent pas les paroles»...
Il produit trois autres disques avant la fin des années 70, New Skin for Old Ceremony, Death of a Ladie's Man (qu'il qualifie d'épouvantable) et Recent Songs.
En 1984, Cohen fait paraître Various Position, l'album qui marque le début d'un nouveau cycle musical où les synthétiseurs sont omniprésents, sa voix beaucoup plus grave, les rythmes plus rock et populaires. Deux ans plus tard, la chanteuse Jennifer Warnes sort Famous Blue Raincoat (réédité l'an dernier), un premier disque-hommage au chanteur. Les ventes explosent, et l'oeuvre de Cohen jouit d'un regain d'intérêt. La sortie de son album I'm Your Man en 1988 confirme cette popularité retrouvée.
Différents hommages littéraires et musicaux célébreront l'artiste et son immense influence au cours des années 90. Cohen sort un autre album en 1992 (The Future, quasi prophétique dans ses textes), avant de quitter complètement la vie publique et de se retirer près de son maître zen, Roshi. Il reste ainsi près de cinq ans au monastère du mont Baldy, près de Los Angeles.
Il réapparaît au tournant des années 2000 avec deux albums qui viennent compléter sa discographie, Ten New Songs et Dear Heather, de même qu'un nouveau recueil de poèmes (Book of Longing, illustré de ses propres dessins). Mais Cohen doit aussi se dépêtrer avec une sombre histoire de fraude: sa gérante a vidé ses comptes pendant qu'il méditait dans son monastère. Et le tournée en cours découle en partie de cet événement et de la nécessité pour Cohen de regarnir un portefeuille spolié.
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- Le parcours biographique de Cohen a été établi en grande partie d'après la biographie Leonard Cohen: le Canadien errant, d'Ira Nadel.
http://www.ledevoir.com/culture/musique/194933/leonard-cohen-l-oeuvre-et-la-vie
Un autre site qui le raconte :
http://www.leonardcohensite.com/bio.htm